Après une première réunion avec la CNSS, la commission technique chargée du dossier de la réforme des retraites a poursuivi ses travaux le mardi 3 février au siège de la Caisse marocaine des retraites (CMR). Au cours de cette réunion, elle a examiné la situation financière et actuarielle du régime des pensions civiles.
La réunion s’est ouverte par une présentation structurée autour de quatre axes, nous apprennent des sources syndicales ayant pris part aux discussions, jointes par Médias24.
Le premier a porté sur une présentation générale de la CMR, incluant notamment le nombre d’adhérents actifs et celui des retraités. Le deuxième axe a été consacré à la situation des pensions civiles, tandis que le troisième a traité de la gestion du portefeuille financier du fonds. Enfin, le quatrième volet a concerné les données actuarielles de la caisse.
Selon nos interlocuteurs, des échanges ont eu lieu pour chacun de ces axes, avec plusieurs questions soulevées par les représentants syndicaux. Toutefois, la réunion n’a pu être menée à son terme en raison d'un contretemps interne.
D'après nos informations, certains syndicats présents à la réunion ont profité de cette rencontre pour réitérer plusieurs propositions. "À leur tête, la nécessité pour l’État d’adopter une véritable politique de l’emploi, considérée comme la principale réponse aux déséquilibres structurels des régimes de retraite", nous explique-t-on.
Selon les mêmes sources, "cette politique devrait êtrefondée sur les besoins réels du pays,afin d’élargir l’assiette des cotisants et de renforcer la viabilité financière des caisses à moyen et long terme".
Les syndicats ont également remis sur la table la propositiond’un nouveau schéma de répartition des cotisations,basé sur une contributiondes deux tiers pour l’employeur,en l’occurrence l’État,et d’un tiers pour les salariés.
"D’après la présentation faite par la CMR, la résolution du déficit du régime des pensions civiles nécessiterait unehausse du taux global de cotisation à 32,6%".
"L'adoption de la formule des deux tiers pour l’État et d’un tiers pour les salariésporterait ce taux à 42%, répartis entre 14% à la charge des fonctionnaires et 28% à celle de l’État".
Toujours selon les sources syndicales, "l’État contribue actuellementà hauteur de 14%". En effet, dans le cadre du régime des pensions civiles (RPC) de la CMR, la cotisation est actuellement partagée. L'employeur, notamment l'État, contribue à hauteur de 14%, au même titre que l'affilié, qui contribue également à hauteur de 14%, pour un total de 28%.
Le scénario proposé "permettraitde résorber le déséquilibre du régime sans recourir à des mesures paramétriques sensibles, telles que le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite ou l’augmentation des taux de cotisation individuels", d'après nos interlocuteurs.
L’épuisement des réserves de la CMR estprévu pour 2031, si rien n'est fait d'ici là.Il se trouve déjà en déficit technique depuis 2014 et en déficit global depuis 2015. Sa situation est donc très critique par rapport aux autres caisses.
Les travaux de la commission technique vont se poursuivre dans les prochaines semaines. Une réunion avec la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites (CIMR) est prévuele 16 février, et une autre rencontre avec la CMR est également programmée.
Pour rappel, la commission technique a entamé ses travaux dans le cadre de la réforme des retraites en janvier, avec pour mission d’examiner la situation financière et actuarielle des différents régimes, avant d’ouvrir la voie à d’éventuels arbitrages politiques.Une première rencontre a été tenue à la mi-janvier avec la CNSS.
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