# L’Année de Tous les Enjeux : 2026, Un Calendrier Pivotal pour le Maroc
Le Royaume du Maroc s'apprête à entamer une année 2026 exceptionnellement dense, marquée par une convergence d'échéances capitales. Qu’il s’agisse de redéfinir la carte politique intérieure, d’articuler une position diplomatique décisive sur le Sahara, ou de mettre en œuvre des réformes structurelles profondes, 2026 se dessine comme un tournant majeur dans la trajectoire contemporaine du pays.
Cette période s'annonce essentielle tant par le volume des dossiers à traiter que par leur nature, touchant à la fois les sphères politiques, économiques et géopolitiques. Au-delà des grandes réformes, des chantiers en cours — tels que le développement de l'offre hydrogène, la transition énergétique, ou le démarrage effectif de la production de gaz naturel à Tendrara — complexifient un agenda déjà chargé, qui devra également faire face à des défis persistants comme l’impact de l’intelligence artificielle sur l'emploi des jeunes, la lutte anticorruption, et la nécessité de stimuler l'investissement privé.
### Le Renouvellement Politique et la Compétition Électorale
Sur le plan interne, les élections législatives constituent l'événement politique phare. Elles sonneront le glas de la 11e législature, conformément au mandat quinquennal issu des scrutins de 2021. La tenue de nouvelles élections durant l'année est inéluctable, avec l’installation attendue d’un nouvel exécutif avant l’ouverture de la session parlementaire d’octobre.
Le paysage politique anticipe déjà une bataille acharnée. Les trois composantes de la majorité actuelle — le Rassemblement National des Indépendants (RNI), le Parti de l'Istiqlal, et le Parti Authenticité et Modernité (PAM) — seront engagées dans une lutte intense pour la suprématie, le RNI cherchant à consolider sa position de tête tandis que ses alliés aspirent à lui ravir le leadership. Simultanément, les formations de l'opposition, comme le PJD, l'USFP et le PPS, s'efforceront d'améliorer significativement leurs résultats obtenus lors du cycle électoral précédent.
### Diplomatie et Définition du Statut du Sahara
L’année sera également cruciale pour la diplomatie marocaine, en particulier concernant le dossier du Sahara. La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a marqué une reconnaissance accrue de l'autonomie sous souveraineté marocaine, a placé Rabat devant l’obligation de finaliser la présentation détaillée de son Plan d'autonomie. La clarification et la mise à jour de ce plan sont en cours, suite à la consultation royale auprès des différents partis politiques.
De plus, le Conseil de sécurité, favorable au Maroc, a prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. Cette date marquera une nouvelle échéance onusienne majeure, avec la publication du rapport du Secrétaire général et l'adoption d’une nouvelle résolution sur ce différend.
### Mutations Économiques et Réformes Institutionnelles
Le monde des affaires n’est pas en reste. La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) connaîtra également un renouvellement de sa gouvernance. Le duo présidentiel actuel, Chakib Alj et Mehdi Tazi, arrivant au terme de son second mandat non renouvelable, le patronat élira un nouveau binôme de direction au cours de l'année.
Sur le plan financier, Bank Al-Maghrib continuera sa transition vers un régime de change plus flexible. 2026 servira de phase de test et de consolidation des instruments nécessaires à la mise en place d’un cadre de ciblage de l’inflation, dont l’application formelle est envisagée pour 2027. Par ailleurs, des orientations concrètes sont attendues concernant la problématique du cash, suite à la transmission au ministère des Finances du rapport finalisé par la Banque centrale.
### Les Chantiers Sociaux : Retraites et Code du Travail
L'amélioration du socle social demeure une priorité, même si la cadence des réformes diffère. Le chantier de la réforme des caisses de retraite, visant à résoudre un déséquilibre structurel notoire, continue son cheminement prudent. Le gouvernement privilégie la construction d’un consensus social et la préparation méticuleuse de scénarios de réforme, plutôt qu'une mise en œuvre hâtive, afin d’éviter les écueils passés. Par conséquent, 2026 sera surtout une année de finalisation des travaux préparatoires et non d'implémentation.
Inversement, la révision du Code du travail de 2004 s'accélère, inscrite comme priorité suite à l’accord social d’avril 2024. Le processus est désormais opérationnel, les partenaires sociaux (syndicats et patronat) ayant été invités à soumettre leurs propositions de modification d’un texte jugé obsolète face aux réalités actuelles du marché.
Dans le domaine de la santé, 2026 verra la généralisation des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST) à l’ensemble des régions, conformément à la loi-cadre 06-22 de 2022, après une phase pilote réussie.
### Sécurité Hydrique et Infrastructures Stratégiques
Malgré un hiver qui a débuté avec une pluviométrie salvatrice — permettant une amélioration sensible des taux de remplissage des barrages —, la stratégie nationale d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation ne fléchit pas. L’accent sera mis sur le dessalement. Le gigantesque projet de la station de Casablanca, dont le financement a été bouclé en 2025, prévoit la mise en service de sa première phase (200 millions de m³ annuels) d’ici la fin de l’année 2026.
Ce projet s'inscrit dans un plan ambitieux visant à couvrir près de 60 % des besoins en eau potable par le dessalement à l’horizon 2030. D'autres initiatives progresseront, comme l'achèvement de la station de Dakhla et le lancement des travaux d’extension de celle de Chtouka, renforçant l’irrigation dans le Souss-Massa.
Simultanément, le cadre de libéralisation du secteur de l'électricité sera affiné. L'Agence Nationale de Réglementation de l'Électricité (ANRE) finalisera le nouveau cadre tarifaire, visant à garantir que le prix de l’électricité reflète son coût réel, tout en consolidant les règles économiques qui accompagnent la libéralisation.
### Le Rythme Soutenu des Grands Chantiers
Pour les infrastructures, 2026 est une année d’exécution et de progression concrète, plutôt que d’inaugurations. La préparation du Mondial 2030 continue de mobiliser des investissements massifs, avec la poursuite de la mise à niveau des stades existants (Tanger, Marrakech, Casablanca, etc.) et le début de la deuxième phase des travaux post-CAN 2025, essentielle pour atteindre les normes FIFA.
La future Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech entrera dans une phase active de réalisation. L'amélioration des infrastructures aéroportuaires, notamment l'extension des capacités de Casablanca et Rabat-Salé, connaîtra également une avancée significative.
Enfin, le calendrier sportif national et international imposera son rythme. Le point d'orgue sera la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2025), organisée au Maroc et prévue à Rabat le 18 janvier 2026, un test grandeur nature pour les infrastructures rénovées. Le Maroc sera ensuite concerné par la Coupe du monde 2026 (aux États-Unis, Canada et Mexique), confirmant sa présence dans l’élite du football mondial suite à ses récentes performances historiques. Entre le renouvellement politique, l’intensité diplomatique, les réformes financières et l’accélération des mégaprojets, 2026 s'annonce comme une année décisive pour l'avenir du Royaume.
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