Les criquets pèlerins sont désormais aux portes de la ville Laayoune
Social

Les criquets pèlerins sont désormais aux portes de la ville Laayoune

## Le criquet pèlerin de retour au Maroc : une menace contenue exigeant une vigilance accrue Le Royaume du Maroc est confronté à une nouvelle vague du criquet pèlerin (Schistocerca gregaria), faisant suite aux incursions observées au printemps 2025 dans les régions de l’Oriental et du Sud-Est. Cette réapparition récente se distingue par des signalements en milieu urbain, notamment à Laayoune, dans le sud-ouest du pays, où des groupes ont été aperçus aux abords de la ville dès la nuit du 12 janvier. Ces développements confirment une invasion aérienne provenant de Mauritanie, un scénario anticipé et documenté par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) depuis novembre 2025. Le dernier bulletin émis par l’agence, daté du 7 janvier 2026, mettait en évidence une situation exigeant une vigilance accrue dans la zone Ouest de l’Afrique du Nord, incluant le Maroc et la Mauritanie. L'analyse des spécimens observés indique que la majorité des criquets se présentent actuellement sous leur forme solitaire, moins dévastatrice que la forme grégaire. Toutefois, l'enjeu majeur des opérations de suivi et de traitement déjà en cours est d'empêcher coûte que coûte la transition vers le stade de masse, hautement destructeur pour l'agriculture. Le dispositif marocain de lutte opère sur plusieurs fronts géographiques. La FAO a notamment répertorié la présence de groupes et de bandes larvaires à l’extrême sud du territoire, dans les secteurs d’Aousserd et de Bir Anzarane, ainsi que des larves et des groupes dispersés entre Dakhla et le sud de Laayoune. Une configuration légèrement différente a été notée près de Tan-Tan, où dominent les ailés et de petits regroupements d’adultes. Pour faire face à cette situation, le dispositif national a maintenu un rythme d’intervention soutenu. À la fin décembre 2025, les opérations de contrôle marocaines avaient déjà traité près de 60 000 hectares, dont 43 600 hectares gérés par pulvérisation aérienne. ### La menace régionale et les prévisions de la FAO La situation demeure plus préoccupante en Mauritanie, où de multiples essaims ont été repérés entre le fleuve Sénégal et Nouakchott. Ces groupes d’ailés sont régulièrement poussés vers la côte par les vents dominants du nord-est, se maintenant généralement à moins de 30 kilomètres du littoral. Anticipant ce flux, la FAO alerte sur l'arrivée possible d’une deuxième vague de groupes adultes et de petites nuées en provenance de Mauritanie, susceptibles de se reproduire à nouveau au mois de janvier. L'agence recommande par conséquent le maintien d'un niveau élevé de prospection et d'opérations de lutte. Si l’organisation estime que le nombre de criquets devrait diminuer avec la progression des mues imaginales (le passage au stade adulte), elle prévoit néanmoins une augmentation des groupes d’ailés immatures et des petits essaims qui continueront d'affluer du sud-est (région d’Aousserd) durant le mois de janvier. ### Un dispositif national rodé Le Maroc s’appuie sur une expertise reconnue dans la lutte antiacridienne, organisée autour de plans de crise rigoureux. Le Centre national de lutte antiacridienne (CNLA), basé à Rabat, orchestre les opérations depuis un poste de commandement central, soutenu par treize postes de coordination régionaux (PCR) stratégiquement répartis le long de trois lignes de défense distinctes. Bien que la dernière grande invasion ayant nécessité une intervention massive remonte à 2003 – année durant laquelle le Royaume avait traité cinq millions d’hectares – les autorités ont démontré leur efficacité récemment. L’événement acridien qui a affecté le sud-est marocain entre mars et mai 2025 a été rapidement circonscrit grâce à la mobilisation rapide du dispositif, empêchant le passage des populations de criquets au stade grégaire plus périlleux. En conclusion, et selon les avis d’experts, malgré les signalements récents et la nécessité d’une intervention proactive, il n'existe actuellement aucun risque imminent d'invasion généralisée au Maroc.

Comments (0)

Join the conversation

Sign in to share your thoughts and engage with the community.

No comments yet

Be the first to share your thoughts!