Maroc : La croissance attendue à 4,2% au premier trimestre 2026
Stock Market Mardi 13 Janvier 2026

Maroc : La croissance attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Le ralentissement observé tient principalement à la décélération des branches manufacturières, pénalisées par l’affaiblissement de la demande extérieure adressée aux industries métalliques, métallurgiques, électroniques et textiles. Dans ce contexte, les échanges extérieurs ont continué de peser sur la croissance, amputant celle-ci de 4,3 points au troisième trimestre. Les moteurs internes prennent le relais Face à cette inflexion, la demande intérieure s’est imposée comme le principal amortisseur. L’investissement est resté soutenu, porté par la poursuite des dépenses publiques en infrastructures et par le redressement de l’équipement des entreprises. La consommation des ménages a poursuivi son amélioration, bien qu’à un rythme plus modéré, progressant de 3,9% au troisième trimestre après 5,1% au trimestre précédent. Les services non marchands et financiers, l’immobilier et l’agriculture ont continué de jouer un rôle stabilisateur, permettant à l’activité globale de rester au-dessus de son niveau tendanciel. Dans le même temps, les équilibres macroéconomiques internes ont montré des signes de résilience, malgré un renforcement du déficit budgétaire, tandis que le besoin de financement de l’économie s’est légèrement atténué. Fin 2025 : croissance stabilisée et reflux de l’inflation Au quatrième trimestre 2025, la croissance serait restée ancrée à 4%, soutenue par la solidité des moteurs internes et par la bonne tenue des exportations de services, dopées par l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. L’accroissement des dépenses des visiteurs aurait soutenu l’hébergement, la restauration, le transport et les services récréatifs, compensant partiellement la faiblesse persistante des exportations de biens. Parallèlement, la modération des importations a permis de réduire l’impact négatif du commerce extérieur sur la croissance à -3,3 points, contre -4,3 points au trimestre précédent. Sur le front des prix, l’inflation a poursuivi son reflux pour le troisième trimestre consécutif, ressortant à -0,1% au quatrième trimestre, après 2% en début d’année. Cette évolution s’explique principalement par la baisse des prix alimentaires, soutenue par une récolte nationale abondante et la détente des cours internationaux, ainsi que par le recul des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente s’est également inscrite en territoire négatif. Un cadre monétaire et financier toujours accommodant Dans ce contexte désinflationniste, Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25%. Les conditions de financement sont demeurées favorables : le taux interbancaire s’est stabilisé, les taux créditeurs ont poursuivi leur repli et les rendements des bons du Trésor se sont inscrits en baisse sur l’ensemble de la courbe. Le dirham s’est, pour sa part, déprécié face à l’euro, tout en s’appréciant nettement vis-à-vis du dollar, reflétant l’évolution différenciée des principales devises. Ce cadre a continué de soutenir le marché actions, qui a conservé une trajectoire haussière en 2025 malgré une correction technique en novembre. L’indice MASI a progressé de 27,6% en glissement annuel, avec des hausses largement diffusées, notamment dans les mines, les biens d’équipement industriels, la pharmacie, le transport et les loisirs, même si la liquidité a légèrement reculé. Début 2026 : une accélération modérée, sous vigilance Les perspectives pour le premier trimestre 2026 tablent sur une accélération modérée de la croissance à 4,2%, portée par le regain attendu des activités agricoles et la poursuite de la dynamique des services. La consommation des ménages devrait progresser de 3,9%, tandis que l’investissement conserverait un rythme soutenu, appuyé par les dépenses publiques en infrastructures. Ce scénario reste toutefois exposé à des risques externes persistants, liés au ralentissement de la demande européenne, au durcissement des contraintes réglementaires et à l’intensification de la concurrence internationale. Dans cet environnement, la trajectoire économique nationale repose sur un équilibre délicat entre pressions externes et leviers internes de résilience, qui continuent, à ce stade, de soutenir la croissance.

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